Moi, Nicky, ma vie… #02

Dans cette partie, je vais expliquer l’origine de mon nom. Non, je ne vais pas vous faire un cours de généalogie. Bien que ce soit un sujet qui me passionne. Non, je vais vous expliquer le choix de mon pseudonyme.

Mon vrai prénom est Nicole. Je n’ai jamais aimé ce prénom. Depuis toujours, je me fais appeler par mon surnom : Nicky.

Pour plaire à la clientèle, on m’a inventé une vie et des origines slaves. Mon nom devait avoir une connotation typique. J’aime les dragons et les légendes qui les entoure. On créa mon nom à partir du mot « dragon ».

Nicky Draconia, originaire de la Mère Russie était née.

Je ne sais pas ce qui motive les autres. Du moins, j’ai une idée assez précise pour une grande partie des jeunes, femmes et hommes, étudiants de leurs états, et qui ont trouvé dans la prostitution, un moyen de faire assez facilement de l’argent.

Pour ma part, cette voie m’a sauvé la vie. Au sens littéral. Oui, c’est étrange, mais c’est pourtant la stricte vérité. Si Nico ne m’avait pas sortie de l’Enfer en me rachetant à mes geôliers et présenté à Maude, il y a de fortes probabilités pour qu’aujourd’hui, je ne sois plus de ce monde.

Maude tenait une agence de mannequin à Londres, agence qui offrait aussi les services d’escorts. Au vu de mon expérience en enfer, j’ai vite su intégrer ce monde.

Et à ce stade, vous devez penser que je ne vous ai pas parlé dans le détail de mon enfer, je ne vous ai pas parlé de Nico, et surtout, que je devais être folle d’accepter de travailler pour Maude sitôt sauvée.

Le prochain chapitre parlera de ma descente en enfer, mon Enfer, de comment je suis devenue une simple marchandise que l’on échange contre quelques dollars, de comment je suis passée de jeune femme souriante et pleine de vie à un déchet humain. Oui, je peux utiliser le mot de déchet pour me qualifier à cette période.

Mais pour l’heure, je voudrais vous raconter mon « après ». Comment et pourquoi, je suis devenue escort.

En arrivant à Londres, Nico me présente à Maude.

Une femme dynamique, l’œil vif et bienveillant. Oui, une Madame Claude… Je le savais. Il me fallait me reconstruire. Je devais retrouver la liberté.

Je peux vous assurer que lorsque l’on vous prive de liberté, le jour où vous la retrouvez, ce jour-là a une autre saveur.

Je commence donc à travailler pour Maude. Elle me présente aux bonnes personnes et comme mon physique plaît, je commence comme mannequin.

En cherchant sur le net, vous pourriez trouver des photos de moi à mes débuts pour des pubs ou des magazines de charme.

C’était la partie visible de son agence et de mon travail. En réalité, j’étais une pute. Une pute de luxe, mais bien une pute… Au moins, même si je ne pouvais pas encore choisir mes clients, je n’étais plus obligée de subir les coups, les blessures, les humiliations, les dépravations.

Pour exercer, Maude m’inscrivit dans son catalogue. Les clients venaient et choisissaient leurs filles sur catalogue. Dit ainsi, c’est glauque. Au moins, nous étions bien traitées.

C’est à mon inscription dans son agence que je pris mon nouveau nom : Nicky Draconia.

Une histoire simple de fille contrainte de fuir son pays pour échapper à une mort certaine en Russie, une fille avec une éducation, détail fort apprécié par une part croissante de ma clientèle, donnèrent les bases peu détaillées de la vie de Nicky Draconia, escort à Londres.

J’appris à parler en exagérant l’accent

Au début, j’exerçais pour le compte de l’agence, mais très vite, j’ai monté mon propre carnet d’adresse. j’avais des clients réguliers. Je dois avouer que ce monde me plaisait. Peut-être les années de sévices et de tortures m’avaient transformée ou révélée ma véritable nature… Oui, j’aime le sexe. J’aime aussi le luxe et la sérénité qu’apporte l’argent facilement obtenu.

En échange de quelques heures, je gagnais une année de SMIC.

Durant cette période, ma vie se résumait à des soirées, enrichir mon carnet d’adresse et d’influence. Une vie de luxe et de luxures. Amusant comme ces deux mots ont la même racine latine : la profusion, l’exubérance… Mon activité, m’amena à travailler un peu partout dans le monde : Londres, Paris, Dubaï, New-York, Tokyo

4 commentaires

  1. C’est un récit sincère comme,, je pense, ce qui qualifie ta personnalité.
    Tu dévoiles aimer le sexe et d’en vivre.
    Tout est à ton honneur.
    Tu as vécu l’enfer et fort heureusement, tu as pu t’en sortir,apparemment grâce à un homme,
    qui a pu te diriger vers une voie qui t’attirait plus, avec consentement.
    Le récit de ta vie est un vrai témoignage.
    Merci de le partager, Nicky
    (on t’appellera donc comme ça, puisque tu n’aimes pas ton prénom d’origine),
    et tu dois mettre le feu, tel un dragon, vu ta beauté. (physique et d’esprit),

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  2. J’aimerai tellement dire, apporter quelque chose.

    A la lecture de ce chapitre et en imaginant l’enfer de ce que cela a pu être et sans doute ce qui’il peut en être pour d’autres, les maux me retirent les mots !

    Merci Nicky pour vulgariser et nous montrer que les monstres n’existent pas seulement dans les contes.

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